Adiussiatz

Même si nous ne sommes pas (encore) touchés dans l'organisation de l'école par la suppression des contrats aidés, nous sommes solidaires des autres calandretas qui sont actuellement en grande difficulté et souhaitons partagés les arguments envoyés à notre député M. Nadot.

La  confédération Calandreta regroupe 71 établissements scolaires immersifs occitans, primaires et secondaires, laïques, sous contrat avec l’État. Nos écoles sont des acteurs majeurs, voire primordiaux, de la transmission de la langue occitane qui est un patrimoine français (article 75.1 de la Constitution) désigné en grand danger par l'UNESCO. Ce sont aussi des foyers de vie de la culture d'òc.

Afin de remplir leur mission de service public, nos établissements ont recours aux emplois aidés. Ceci afin de :

- garder des frais de scolarité proches de la gratuité, pour que l'immersion linguistique soit accessible au plus grand nombre, sans discrimination sociale ;

- être un tremplin pour des personnes éloignées de l'emploi qui, grâce à notre accompagnement, renforcent leur parcours professionnel. La quasi totalité des personnes que nous avons eu en contrat aidé ont suivi des formations. Nous voyons chaque année les cas de femmes et d'hommes embauchés de cette façon, obtenir des CDI ou même intégrer notre établissement d’enseignement supérieur et devenir professeur des écoles de notre réseau.

Les difficultés engendrées par la suppression subite du dispositif des contrats aidés nous mettent dans une situation désastreuse.

Dans le département de la Haute-Garonne, ce sont 9 emplois pour 8 écoles calandretas qui ont été touchés par cette suppression à la rentrée, obligeant les parents à prendre le relais dans l'urgence pour pallier le manque de personnel. Au total, ce sont 16 postes dans la Haute-Garonne qui sont menacés avant la fin de l'année scolaire : 5 animateurs, 1 aide pour la cantine, 2 agents d’entretien et 8 ASEM.

Les non-reconductions à venir nous font craindre la fermeture de certains sites.(Nota: c'est le cas depuis l'écriture de cette lettre de la calandreta de l'Union)

Madame la Ministre du Travail prévoit la mise en place de dérogations pour les emplois relevant du secteur de l’Éducation auquel Calandreta peut légitimement prétendre.

Or, nous sommes très inquiets quant à notre éligibilité à ce système dérogatoire, alors même que l'enseignement immersif en langues régionales relève de l'intérêt général. Comme le rappellent les textes ministériels et les conventions cadre avec l’État conclues dans ce domaine, il contribue à la nécessaire transmission et sauvegarde des langues de France, inscrites par ailleurs dans la Constitution de notre République.

En Bretagne, les écoles immersives associatives et laïques Diwan (l’équivalent de Calandreta en langue bretonne) ont obtenu que le préfet fasse droit à la reconduction de l’ensemble des contrats aidés pour l’année scolaire. Nous n'avons rien de tel pour l'occitan et nous y voyons une discrimination assez injuste.

Nous souhaitons que nos écoles sous contrat puissent bénéficier du système dérogatoire propre aux emplois aidés de l'éducation, au même titre que les autres établissements de l’Éducation nationale.

C'est pourquoi nous nous adressons à vous afin que vous interveniez auprès de Madame la Ministre du Travail, mais aussi auprès de la Préfecture, départementale comme régionale, pour soutenir notre demande.